parcours d'un ami biologiste:
Bonjour à tous.
J’ai obtenu mon bac en 1998 et me suis dirigé vers un IUT d’Analyses Biologiques et Biochimiques que j’ai effectué à Angers.
Je m'inscris après à la faculté de Tours (Licence de Biologie Cellulaire et de Physiologie) puis l’année suivante, j’effectue ma Maîtrise à Nantes, moins axée électrophysiologie mais un peu plus généraliste (je ne savais pas à l’époque que les programmes variaient d’une fac à une autre).
Je ne souhaitais surtout pas me diriger vers un cursus DEA-Thèse-Postdoc car :
-je ne me sentais (et me sens toujours) pas suffisamment passionné par la bio pour travailler 12h par jour pendant 5 ans minimums, être payé au lance-pierre et tout ça pour trouver que "la molécule machin a cet effet là dans certaines conditions mais qu’on en est pas sûr car des fois elle a l’effet inverse…" (défenseurs des thèses ! ne me lynchez pas, c’est juste mon avis qui n’est peut-être pas universel !)
-je trouvais que le système était corrompu par des chefs de labo, peu
scrupuleux, plus intéressés par leur réussite personnelle.
-je ne voulais pas me taper 5 ans minimums de pratique pointue en bio pour finir, dans le meilleur des cas, derrière un bureau à gérer des budgets et à lire quelques publications de temps en temps.
Par conséquent, j’opte pour un DESS. Celui de Lille intitulé Génie Cellulaire et Moléculaire. Le DESS s’est très bien déroulé et il a été suivi par un stage de 6 mois + un CDD de 3 mois chez Dior en R&D avec un sujet passionnant de biologie moléculaire.
S’ensuit une période de chômage de 5 mois (déc 2003 à début mai 2004)entrecoupée d’une expérience désastreuse de commercial : responsable
insupportable, 5 visites par jour dans une région Nord inconnue et moi qui ne suis pas fait pour ce métier ; je pars rapidement sans demander mon reste.
Un conseil : ce n’est pas parce que vous êtes au chômage depuis quelques temps qu’il faut accepter tout et n’importe quoi, surtout dans le domaine du commerce en bio : ça peut vite devenir un enfer !
Après avoir répondu à une annonce pas vraiment passionnante et sans trop de conviction, j’obtiens un entretien puis je suis embauché à l’Hôpital Bichat (Paris) comme technicien de recherche dans le Centre de Ressources Biologiques. La responsable de ce CRB était très dynamique et, bien qu’étant employé en tant que technicien, m’a laissé une réelle autonomie d’action et des responsabilités. Le travail est malgré tout devenu assez rapidement routinier.
-je devais m’occuper de la gestion d’un protocole hospitalier (14 centres investigateurs, 800 patients inclus, 5 visites successives par patient,conservation de l’ADN et du sérum, mise à jour du logiciel de gestion…) et, en parallèle,je faisais un peu de recherche même si ça restait très basique (en tout et pour tout, PCRs suivies soit d’une digestion enzymatique, soit d’un séquençage).
Par contre, ce job d’un an (mai 2004 à mai 2005) m’a ouvert des portes dans un secteur d’activité encore peu développé. La réalisation de banques d’échantillons cryopréservés en vue de leur cession pour un usage scientifique ou thérapeutique.
Grâce à cette expérience d’un an, j’ai en effet pu obtenir un poste d’ingénieur pour mettre en place la Tumorothèque de l’Hôpital Necker (Paris).
Le travail, que j’effectue depuis le 9 mai dernier, est assez logistique mais vraiment intéressant et avec beaucoup de responsabilités.
Concrètement, je dois mettre en place une banque de tumeurs commune regroupant 3 labos aux fonctionnements différents (Anapath, Hémato et Cytogéntique) ce qui constitue un vaste chantier.
Je travaille en interaction avec les médecins des labos, ceux des services cliniques, le personnel technique, les ARCs, les autres Hôpitaux parisiens.
Je fais également partie d’une commission Cancéropôle, pour l’instant limitée à Paris, dont le but est de standardiser les Tumorothèques.
Je suis également impliqué dans une démarche qualité, en relation avec nos partenaires scientifiques (Institut Curie, IGR, INSERM, CHU…), afin d’améliorer la qualité de nos produits dérivés qui seront cédés (ARN, ADN).
Par conséquent, si j’avais un conseil à formuler, ce serait de répondre à toutes les annonces, même à celles qui paraissent peu intéressantes, et de ne pas négliger les postes de techniciens.
Je sais malheureusement que certaines structures, comme les Hôpitaux de Paris, ne vous prennent pas comme technicien si vous n’avez pas certains diplômes requis comme le BTS ou l’IUT.
Mais surtout, ne regrettez jamais d’avoir fait des études, d’avoir habité dans des 10m2, d’avoir fait des emprunts pour pouvoir les payer… car, et je cite un de mes professeurs de seconde :
"plus qu’un travail, les études vous permettent de rencontrer des personnes intéressantes d’horizons différents et vous apportent culture, ouverture d’esprit, capacité de réflexion et de compréhension de la société et du monde qui vous entourent"
je pense, malgré tout, que ça mérite certains sacrifices (parfois trop ?).
JB
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